Laissons les enfants vivre
Je pense à toi l’enfant soldat
Toi qui n’a connu que la vie
Que l’on t’apprend au fond des bois
Mercenaire de leur survie
Tu n’as pas connu comme moi
La douce chaleur de ton nid
Où les parents sourient vers toi
Couvant d’amour leur tout petit
Dictateur et chef de rien
Laisser donc vivre ces gamins
Aller vous-même au front de guerre
Payer le prix de vos misères
Je pense à toi l’enfant des rues
Qui a ton lit dessous les ponts
Que l’on presse puis que l’on tue
Car tu n’amènes plus un rond
Tu n’as pas, comme moi, connu
Le moelleux d’un lit cocon
Rassuré d’être défendu
A chaque instant dans la maison
Racketteur et chef de rien
Laissez donc vivre ces gamins
Allez vous-même voler l’amer
Pour terminer dans la misère
Je pense à toi l’enfant violé
Pris sur le hasard du chemin
D’un malade à peine libéré
Dont la pulsion tue ton destin
Je pense à toi l’enfant souillé
Par les pervers que l’on croit bien
Qui vont aller se rassasier
Dans des pays ou tu n’es rien
Pédo et
maquereaux de rien
Ne touchez pas à ces gamins
Vous méritez que par le fer
Vous soit retiré votre paire
Je pense à toi l’enfant usé
Par tant d’heures en travaux intenses
Pour satisfaire les gens aisés
Qui ne regardent que leur panse
A tous les enfants exploités
Par des gens privés d’indulgence
Vers vous s’envole ma pensée
Ses mots crient fort votre souffrance
J’en appelle à tous les terriens
Pour que cela finisse enfin
Tous les jours soyons leur soutien
Et non qu’au moment de leur fin