Etats d'âme
Lorsque le poète, sous une
plume qui désire encore ardemment coucher les pensées sur la feuille, n’arrive
plus à écrire deux vers alignant leurs pieds et leurs rimes chantantes, alors
c’est qu’en son plus profond ses sentiments s’enflamment. Mais quels peuvent
ils être pour gêner à ce point sa force créative ?
Il y pense sans cesse durant
ces insomnies, il y pense souvent dans la journée aussi. Que peut être cette
perturbation qu’il n’a jamais connu ?? D’où vient ce manque d’écrire qui
le prive de muse ?
Un élan de lucidité lui ouvre
un peu les yeux et lui dit de chercher dans sa vie. C’est donc vers cette vie
qu’il lui faut se pencher. La lumière peu à peu apparaît en son coeur et c’est
en regardant vers cet îlot de clarté qu’il commence malgré lui à entrevoir sa
vérité. Mais est ce vraiment cela ? Qu’importe il faut y repenser. Lorsque
en fond de son été, en sécheresse de cœur, il a abandonné l’idée que l’Amour
puisse exister vraiment, son regard s’est posé sur la fleur de printemps qu’un
buisson animé voulait rendre éclatant. Une fleur de beauté qui possédait en
elle la force du printemps et la sagesse du temps. C’est ainsi que les yeux
capturèrent l’image, l’amplifièrent peut être pour en faire un tableau. Œuvre
d’art de dame nature qui se pose en son cœur sans qu’il ne puisse rien. La vie
est un cadeau qui offre à nos regards, des beautés merveilleuses. La nature est
présente et trouble nos espoirs, nature belle et sublime mais pouvant être
féroce. Lorsque ces deux dernières se marient en nos temps, elles enfantent
beautés mais nos mains ne peuvent s’en saisir. Seuls nos regards en absorbent
les couleurs mais nos mains pourraient se brûler pour en cueillir la fleur. Et
s’impose en l’esprit les contraintes engagées, qui retiennent nos pas vers
notre liberté, et cet esprit forgé devient impitoyable et bloque nos envies de
vivre ce que l’on voudrait être le bonheur. Ce bonheur que l’on voudrait
donner, ce bonheur de donner qui nous rendrait heureux comme un enfant qui
offre son sourire quand sa mère, sans chercher de retour par simple plaisir, parce
qu’en son regard, en son sourire et en ses lèvres, il ne voit que l’amour. L’impossible
est présent, et en face de nous, il reste inaccessible mais il éveille le rêve.
Alors dans cette idée la question du poète, pourquoi créer le rêve et arrêter
la plume ?
Voilà un état d’âme qui reste
inexpliqué, si vous le connaissez alors expliquez moi afin que je retrouve le
plaisir de la rime que je voudrais écrire