Solitude
La pire des solitudes est celle que l’on sent
Au milieu de la foule à son flux incessant
Qui passe, indifférente près de l’enfant tombé
Sans poser un regard sur cet oiseau blessé
A peine si le pied ne se pose dessus
Sans même se soucier de ce simple fétu
Pourquoi donc s’encombrer du cri de la douleur
Alors qu’un peu plus loin nous attend
le labeur
La pire des solitudes est dans l’indifférence
De ses passants fermés dans leur belle indécence
A la femme agressée qui appelle au secours
N’obtenant à son cri qu’un seul rien en retour
A peine si les yeux ne se sont détournés
De cet évènement dont on n’est concerné
Il ne faut surtout pas aller contre la peur
Et que vers notre corps se tourne l’agresseur
La pire des solitudes, au pied de l’escalier
De cet appartement ou le vieillard vivait
Et qui depuis trois mois a délaissé la vie
Sans qu’aucun des voisins n’aient de pensées pour lui
A peine si un jour, ils ne se souvenaient
Qu’un homme vivait ici, un homme un peu âgé
Et c’est par son odeur qui inonde la cage
Que l’on se dit soudain qu’il faut faire le ménage
Pourtant je vous le dis le sourire de l’enfant
A qui l’on tend la main, un rien tout simplement
Pourtant je vous le dis, donner du coup de poing
Pour avoir un sourire au accent féminin
Pourtant je vous le dis, passer voir un vieil homme
Simplement pour savoir s’il vit encore, en somme
Ces gestes solidaires sont plus riches qu’argent
Un sourire est plus fort qu’un billet de cinq cent